'Je mettais mon meilleur normal' : camouflage social chez les adultes TSA
Titre original : 'Putting on My Best Normal': Social Camouflaging in Adults with Autism Spectrum Conditions
Laura Hull, K.V. Petrides, Carrie Allison, Paula Smith, Simon Baron-Cohen et al. — Journal of Autism and Developmental Disorders
Étude qualitative fondatrice sur le camouflage social (masking) chez les adultes TSA. Identifie les motivations, stratégies et conséquences du masking via analyse de 92 témoignages détaillés. A donné naissance au questionnaire CAT-Q largement utilisé depuis.
Conclusions clés
- Le masking suit trois stratégies distinctes : compensation (apprendre les règles sociales), masking strict (cacher les traits visibles), et assimilation (jouer un personnage).
- Les motivations principales : éviter la stigmatisation, obtenir/garder un travail, préserver les relations.
- Les conséquences documentées : épuisement, perte d'identité, dépression, anxiété sociale.
- Les femmes rapportent masker significativement plus que les hommes — explique partiellement le sous-diagnostic féminin.
Limites
- Échantillon auto-sélectionné via communautés autistiques en ligne
- Royaume-Uni uniquement, généralisabilité culturelle à vérifier
Pourquoi cette étude compte
C’est l’étude qui a donné un nom et une grille de lecture au masking autistique, concept jusque-là uniquement présent dans les communautés. Elle a ouvert la voie à :
- Le questionnaire CAT-Q (Hull 2020) utilisé aujourd’hui en recherche et clinique.
- La reconnaissance du masking comme facteur explicatif du sous-diagnostic féminin.
- Le lien documenté entre masking intense et santé mentale dégradée.
Le concept a depuis été étendu au TDAH et à l’AuDHD, même si la littérature peer-reviewed reste plus mature sur le masking autistique.